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Malaurie / Monod, l'aventure humaine

31/01/2008 - Terres de feu, terres de glace… pour les habitants des régions tempérés, les enfers des pôles et du Sahara sont des mondes qui inspirent crainte et fascination. Ce sont toutefois des lieux de vie. Vies humaines et vies animales à ce point passionnantes qu’elles ont motivé toutes sortes d’expéditions afin de percer le mystère de leur équilibre.

 

Deux grandes figures du voyage et de l’aventure

Dans le courant du XXe siècle, deux personnages hors du commun ont poursuivi l’étude de ces contrées extrêmes.

Dès l’année 1948, Jean Malaurie rejoint une expédition polaire menée par Paul-Emile Victor. Sa rencontre avec le peuple Inuit est déterminante. À la suite de ce premier voyage, Jean Malaurie effectuera 31 séjours au Groenland, en Alaska, au Nunavik (Canada) et en Sibérie. Il s’attachera à vivre de longs mois avec les Inuit, comme les Inuit. Ce géographe, ethnologue, cinéaste et écrivain deviendra de la sorte le « témoin irréfutable » de cette « société ancestrale » mise en péril par les activités industrielles des nations occidentales.

Théodore Monod, lui, rencontre le désert au cours d’une mission scientifique effectuée en Mauritanie entre décembre 1922 et novembre 1923. Ce jeune licencié en sciences naturelles tombe immédiatement amoureux des immensités de dunes et de caillasses, tout au mieux parcourues par des vents brûlants et quelques nomades. Théodore Monod retournera sans cesse dans le désert, « ce filtre, ce révélateur », au fil de multiples expéditions placées sous le signe de l’étude géologique. Il effectuera son dernier voyage à l’âge de 94 ans…

L’attrait de la terre et de la culture humaine

Jean Malaurie et Théodore Monod ont dédié leur vie à l’étude de territoires aussi hostiles que méconnus. L’un s’est passionné pour le peuple Inuit dont la civilisation a énormément à apprendre aux sociétés occidentales. L’autre a poursuivi aussi loin que possible son expérience solitaire avec le désert, lieu privilégié de l’introspection, mais aussi berceau de la terre et de l’humanité.

En cela les vies de Jean Malaurie et de Théodore Monod sont de véritables aventures humaines. Chacune d'elles est profondément attachée la terre et à la culture ancestrale de l’homme.

Témoignages audiovisuels de ces odyssées

Jean Malaurie a lui-même rapporté de ses expéditions septentrionales plusieurs films à partir desquels il a conçu « La saga des Inuit » : une série de 4 documentaires dans lesquels se mêlent commentaires de l’époque et analyses actuelles. Au-delà des images sublimes du grand nord, cette œuvre nous invite à suivre le peuple Inuit dans sa traversée périlleuse du XXe siècle et à nous interroger sur son futur.

Le réalisateur Karel Prokop a eu la chance d’accompagner Théodore Monod au cours de ses deux derniers voyages pédestres dans le cœur du désert saharien. L’objectif du scientifique âgé de plus de 80 ans était de découvrir une météorite mystérieuse. En compagnie de quelque Touaregs et de leurs chameaux, Karel Prokop a partagé les réflexions de Théodore Monod sur la vie, la nature, la foi… autant de sujets fondamentaux, sublimés par la majesté du désert. Il en résulte deux films documentaires (« Le vieil homme et le désert » et « Le vieil homme et la météorite ») en compagnie d’un homme de science.